Prologue

Prologue
Il y aura toujours quelque chose pour détruire nos vies. La seule question est qu'est-ce qui va nous tomber dessus en premier. On est toujours au bord du gouffre. Charles Bukowski



95D. Ils croient tous que c'est amusant de se balader avec ça. C'est pire qu'une punition, pire qu'une forte engueulade. Parce que tout ce qu'on peut subir, ça ne dure pas éternellement, hein, c'est pas comme si c'était gravé dans la peau. Tu sais, le pire, c'est que la marque est indélébile. De grosses entailles bien profondes, qui pourraient amener les autres, ceux qui jugent au premier coup d'½il -ceux que tu n'apprécies pas-, à penser que je me fais battre continuellement. De belles entailles rouges, ancrées. Pas douloureuses, non. Ou, en tout cas, pas de douleur physique à proprement parlé. C'est plutôt le moral qui en prend un coup. Des entailles, mais pas que dans le 95D. Oh oui, cherche bien et tu en trouveras. C'est un peu comme si on avait ouvert un sachet d'entailles un peu trop rapidement, et que celles-ci s'étaient éparpillées sur mon corps. Mais c'est ma faute. Dans les cuisses, les genoux, les hanches. C'est ma faute, hein ? Mais comment je fais l'été... C'est impossible pour moi de dévoiler ma peau, pas en entière du moins. Parce que, en plus de mes belles entailles, il y a ma maladie. Oui, la belle maladie. Le nombril, le cou, les fesses, les doigts. Ça migre, parait-il. Et bien sur, il fallait que ça migre sur moi. Bientôt quatorze ans que je supporte ça. Et puis de toute façon, tout ça c'est physique. Quand on a réalisé ce qu'on été, on n'y peut plus rien. Alors on s'y fait, on se laisse aller. Mais, comme si cela ne parvenait pas à satisfaire l'être sadique qui serait au-dessus de nous, il faut qu'à ce corps lourd s'ajoute les problèmes mentaux. Je ne suis pas classée "catégorie fille à problème", mais je pense m'en approcher dangereusement. Je suis mon problème. Le plus gros. Oh et puis tu sais, j'ai réussi à me cataloguer, à trouver un nom à un de mes sous-problèmes : hydrophobe, et légèrement claustrophobe. Je gère, ne t'inquiète pas. Pour l'instant, je gère. Je n'ai pas encore besoin de toi.

# Online seit Donnerstag, 26. Februar, 2009 um 11:06

Chapter I - Unknown.

Chapter I - Unknown.
Même quand les phrases ont l'apparence d'une citation, elles ne doivent à aucun moment faire oublier qu'elles s'appliquent à quelqu'un de particulier. Peter Handke


Je me douchais. L'eau glissait sur ma peau, comme une douce caresse, s'infiltrait dans mes cheveux, les collant à mon dos, et finissait sa lente descente sur le sol blanc. Lucy, que fabriques-tu ? J'essayais de me noyer, et cette voix dans ma tête, qui posait inlassablement la même question, me dérangeait. Je me vidais l'esprit, ne prenant plus la peine de répondre à cette étrangère qui tentait, tant bien que mal, d'avoir toute mon attention. Je m'imaginais alors le son de cette eau, que je craignais tellement, dessinant les courbes de ma peau, une peau meurtrie et entaillée. L'eau était la seule chose qui ne me jugeait pas, et j'aimais à croire que c'était un traitement de faveur. Je continuai ma douce folie, mon monologue reposant, jusqu'à ce qu'une date me vint à l'esprit, comme un coup de massue. Des bribes d'un passé que j'aurais voulu garder renfermé dans une partie de ma mémoire, bien enfoui sous des couches et de couches de choses inintéressantes dont je n'aurais plus eu besoin. Le sept juin deux mille deux. Une journée, vingt quatre heures, mille quatre cent quarante minutes, quatre vingt six mille quatre cent secondes, et des milliards d'autres nombres pour, au final, ne désigner qu'une seule et même perte. La fin d'une enfance. Le sept juin deux mille deux. Le jour où je devins un corps sans âme. Lucy, que fabriques-tu ? Le jour où je devins la poupée en porcelaine. Lucy, que fabriques-tu ? J'essayais simplement de vivre. Pourquoi ne m'avait-elle pas entendue, cette nuit ? Lucy, que fabriques-tu ? J'aurais tant voulu oublier. J'aurais tant souhaité me reconstruire. Lucy, que fabriques-tu ? Je n'avais rien fait de mal. Je jure que je ne l'avais pas souhaité. Mais Lucy, ces marques sur ta peau ? Je jure que c'est lui qui m'a détruite. Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ?


Et puis la fin est tellement prévisible.

# Online seit Mittwoch, 28. Mai, 2008 um 08:50

Geändert am Mittwoch, 04. März, 2009 um 12:22

Chapter II - Could life ever be sane again ?

Chapter II - Could life ever be sane again ?

Le temps emporte tout, qu'on le veuille ou non. Le temps emporte tout, le temps efface tout et tout ce qui reste à la fin ce sont les ténèbres. Parfois, au cours des ténèbres on retrouve d'autres personnes. Et parfois au c½ur des ténèbres on les perd à nouveau. Stephen King


J'aimerais essayer de le décrire, mais j'ai bien peur que ce que je puisse dire de lui soit un quelconque coup sur son amour-propre, son orgueil démesuré, et tout ce qu'il en suit.
En y réfléchissant bien, je pense qu'il s'en fout complètement, et que ce que je peux penser ou dire de lui, lui passe parfaitement au-dessus de sa tête. Pour tout vous dire, il ne prendrait même pas la peine de le lire. Il est tellement sarcastique et suffisant à lui-même. A lui seul, il pourrait faire taire une horde de petites filles déchaînées lui courant après. Il est très charismatique. En étant froid et hautain, il espère tenir les gens loin de lui, il se suffit. Personnellement, je pense que ça a l'effet contraire. Son mystère et son antipathie attirent les gens, filles et garçons, bêtes et cultivés. Le sujet de son mystère a été relevé, mais il l'a fortement nié. Pour lui, il est le seul, il se suffit amplement et parfaitement. Il est le centre de son monde.
Et le centre du mien.
J'essayerai néanmoins de donner mon point de vue pour sa description en refoulant mes élans sentimentaux, en les niant même. Il est beau, oui, très beau, même. Il a en conscience, seulement. Il sait qu'il est intelligent et cultivé, qu'il est dur de rivaliser lui en quoi que ce soit. Il est narcissique au plus haut point. En cela aussi, il est difficile de rivaliser avec lui. Quand on lui parle, on se sent bête et insignifiant. Il est très cassant, aussi, et remet en cause chaque mot, chaque fait. Un peu comme le personnage d'Henry Wotton sans le titre, juste dans la parole et les expressions.
Mis à part le fait qu'il soit d'une beauté brute et propre à son être, il a des qualités artistiques. En dire plus sur ce côté-là de son être serait à coup sur vous révéler qui il est. Mais je ne le souhaite pas. Je souhaite me garder le mystère de sa personne. Et puis le but était simplement de décrire une personne, en me mettant au défi de ne révéler aucune émotion.

# Online seit Mittwoch, 28. Mai, 2008 um 08:57

Geändert am Mittwoch, 04. März, 2009 um 12:25

Impasse : Il faut mourir sans arrêt, c'est comme ça qu'on vit à nouveau.

Impasse : Il faut mourir sans arrêt, c'est comme ça qu'on vit à nouveau.
Les héroïnes de la vie, du bidon. Ne t'accroche pas trop à moi, je risque de te lâcher. Tu sais, si on se pique tous les soirs de notre faux amour, on finira par en crever. Ouvrir doucement la plaie, et ne plus pouvoir la refermer. On aura mal, on souffrira, on tombera un peu plus chaque jour, jusqu'à plus pouvoir nous relever. On tombera tellement, qu'on n'aura plus de quoi saigner. Et ça sera de nos fautes, on se sera trop tuées. Les héroïnes de la passion feinte, qui se sont suicidées. On marche sur le verre brisé, et je te sens glisser. Tu m'entraînes avec toi, ce n'est plus drôle, je suis coupée. Mon c½ur s'est ouvert, c'est bien bête, tu ne l'as pas fait exprès. Aucune réaction, il est vide, et bien broyé. Il t'a atteinte aussi, assume ta drogue trop consommée. Les erreurs gravées sur mon c½ur, trop pauvre, qui s'est refermé. Je t'ai bien eue, moi l'héroïne de la fausseté. Ton c½ur contre mon corps, c'était bien beau, et trop parfait. La froideur toute en chaleur, moi je suis bonne, toi abusée. Deux héroïnes bien assemblées.

# Online seit Mittwoch, 28. Mai, 2008 um 09:02

Geändert am Mittwoch, 04. März, 2009 um 12:26

Chapter III - Accroche-toi, Sam

Chapter III - Accroche-toi, Sam
J'ai le spleen, et un tel spleen que tout ce que je vois m'est en dégout profond. Charles Baudelaire

Elle s'est caché. Le visage. Dans les mains. Et moi. Je me noyais. Je pensais. A elle. Partie. Envolée. Comme un souffle. Une plume. Un ange. Comme un rêve. Un cauchemar. Des cauchemars. Jours vides. Nuits compliquées. Des larmes. De la peur. Des questions. Sans réponses. Du chagrin. Sans repos. Un trou. Dans le coeur. L'impression. De pouvoir. Y tomber. Pour la rejoindre. La voir enfin. L'avoir. Des semaines noires. Des mois gris. Des années beiges. Soif. De caresses. De tendresse. Faim. De folie. De furie. Envie. De désir. D'amour. Rencontres. Essais. Espoirs. Déconvenues. Fièvre. Fusion. Confusion. Jolie. Délicate. Différente. A moi. Au sida. Aux bébés. Au sang. A la première fois. A la peur. A la douleur. A moi. L'attente. L'angoisse. La solitude. La détresse. La peur. Une détermination. Totale. Aveugle. Fanatique. Des instants. D'exhaltation. Des frétillements. D'espoir. Une impatience. Puérile. Votre cécité. Votre surdité. Votre manque d'intérét. Votre stupidité. Les rires. Le soleil. La haine. La surprise. L'attente. La bataille. Faire. Devenir. Partir. Voyager. Rever. Vivre.

# Online seit Mittwoch, 28. Mai, 2008 um 09:04

Geändert am Donnerstag, 05. März, 2009 um 05:48

Chapter IV - No alarms and no surprises

A croire que c'est la mode de perdre des gens. A croire que ça leur plait d'étaler leur douleur pour se faire plaindre, une couche puis une autre, à n'en plus finir. A croire qu'ils aiment ça aussi, "à quand le prochain ?" . A croire que ça leur fait rien, et que ce ne sont que des mots, et qu'il n'y a rien sous ça. A croire tellement de ces choses, on peut arriver à la vérité. On peut arriver à se dire qu'il faut souffrir seul dans son coin, avoir peur de la pitié, et être très bien comme ça, sous des couches de désespoir. Sauf que là, ce serait du vrai désespoir, pas un simple mot, pas une chose à faire communiquer à un être déjà perdu pour qui on pleure alors que ce qu'il faudrait pleurer, c'est notre état après qu'il soit parti. Ça ne sert à rien de pleurer les gens décédés, ceux qui souffrent le plus, c'est ceux qui ont à vivre sans eux : il faut se contenter de vivre pour eux. A croire aussi qu'ils envient les personnes désespérées. A croire qu'ils aimeraient bien perdre à leur tour quelqu'un pour arriver enfin à trouver une raison de cracher tout leur venin. A croire qu'ils sont cons, mais ça, ils le sont. Ils jalousent tous les différents d'eux, parce que eux, ce ne sont que des être difformes en manque d'attention, eux aussi, ce sont des être sans problèmes qui vont s'en inventer, mais eux surtout, ce sont des personnes qui n'ont rien compris à la vie et qui pourriront dans leur médiocrité.
Chapter IV - No alarms and no surprises

# Online seit Freitag, 09. Januar, 2009 um 16:37

Geändert am Donnerstag, 05. März, 2009 um 05:48